Lilian Silburn, universitaire et mystique à la fois

Par Marc Ballanfat

La vie de Lilian Silburn est tout entière orientée par une exigence qu’elle exprime à plusieurs reprises : « L’absolu ou rien ». Il lui faudra méditer jusqu’à la fin de son existence cette exclamation qui deviendra son mantra personnel, sa « parole », pour en comprendre toute la signification mystique. Le Cachemire lui en révèlera la profonde et silencieuse intériorité, car c’est auprès d’un maître soufi qu’elle va connaître ses plus grandes expériences spirituelles, au-delà des différences qui séparent la voie du soufisme de la voie shivaïte qu’elle adopte personnellement et à laquelle elle consacre presque tous ses travaux d’universitaire. Dans la vallée indienne du Cachemire, en effet, ses conflits intérieurs s’appaisant, elle découvre le dépassement de la dualité philosophique grâce à la voie de la dévotion (bhakti), de l’amour inconditionnel des vivants.