Qui vit, meurt ou survit ?

Par Miriam Gablier

Ayant mené une enquête journalistique sur l’hypothèse de la réincarnation – hypothèse sur laquelle je ne me prononce pas -, je résumerai l’essentiel des données qui semblent être en faveur d’une renaissance. A partir de là, tout en m’appuyant sur des recherches menées en philosophie, j’aborderai quelques points soulevés par cette éventualité vertigineuse. Je tenterai notamment de montrer que pour penser l’union de la conscience et du corps, il convient tout d’abord de dépasser une posture dualiste afin de penser un monisme, un « monisme intégral » précise le philosophe Hans Jonas.

Mais dans le cas où nous souhaiterions préserver l’hypothèse de la survie, comment un tel monisme peut-il penser le départ de « quelque chose » au moment de la mort ? Concevoir l’éloignement et l’éventuel retour de corps subtils reste la piste la plus empruntée. Cependant « qui » est l’être conscient qui survivrait ? Qu’en est-il de la survie de la capacité d’identification à des formes d’être particulières ? Devrions-nous considérer que ce qui perdure sont juste des tendances psychiques possédant leur propre force d’inertie ? Ou devrions nous envisager que c’est une véritable capacité de retour sur soi qui perdure dans l’au-delà ? En miroir, il faudra nous poser une question abyssale : sommes-nous réellement « quelqu’un » – que ce soit avant la mort, ou éventuellement après – et si oui, en quel sens ?