Éthique et crise financière

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Publication du colloque

Éthique et crise financière, coll. Éthique en contextes, éditions de l’Harmattan

 

6 février 2009  –  CNAM, Paris

Problématique

La récente crise financière et son contrecoup économique, dont nous commençons à ressentir les effets, ont suscité une pléthore de propositions techniques : à côté des nécessaires mesures palliatives, on discute encore des réformes structurelles à mener pour assainir le système de crédit et introduire plus de transparence et de lisibilité sur les marchés financiers. Quelques voix incriminent les dérives d’un capitalisme aveugle, incontrôlé et peut-être incontrôlable. Nombreux sont ceux qui reconnaissent l’urgence qu’il y a à repenser en profondeur les mécanismes de régulation du système.
Mais il est intéressant de remarquer que l’opinion, dans son ensemble, a d’abord accueilli cette crise avec le sentiment d’une scandaleuse indécence. C’est l’irresponsabilité – et parfois l’apparente impunité – des différents acteurs impliqués qui a frappé les esprits, tout comme l’immoralité intrinsèque d’une économie “casino” faisant le jeu d’intérêts particuliers au détriment de l’économie réelle. En somme, la crise financière a immédiatement été perçue comme un problème de nature éthique, autant que comme le symptôme d’un dysfonctionnement structurel du capitalisme financier, ou une menace pesant sur le pouvoir d’achat des citoyens-contribuables.
Ce problème, comment convient-il de le poser, au-delà des “mesures” de sauvetage et des “plans” de refinancement qui mobilisent l’essentiel des énergies, au détriment du débat de fond? Il est toujours délicat de chercher à “moraliser” des institutions. Faut-il sanctionner les responsables ? Assurément, mais comment éviter que les comportements incriminés ne se reproduisent si l’on ne songe pas en même temps à développer, dans les milieux financiers, une véritable culture éthique ? Et si les considérations éthiques ont leur place dans ces matières, quelle efficacité peut-on leur donner, au-delà de la mise en œuvre de mécanismes de sanction ou de protection ? De quels moyens (fonds éthiques, réseaux d’information online, etc.) dispose-t-on pour encourager une compréhension plus juste et une pratique plus solidaire de l’économie ? Que peut-on attendre, dans ce domaine, des représentants de la “chose publique”, au niveau national comme international, et des organismes financiers eux-mêmes ?
C’est à une réflexion de fond que nous invite la crise actuelle. Il est clair que la moralisation des acteurs financiers n’est pas séparable de la question des valeurs de justice et d’équité que les sociétés capitalistes sont prêtes à défendre, si du moins elles en ont les moyens. Cette réflexion consacrée aux enjeux éthiques de la crise financière abordera donc le problème sous son double aspect d’éthique individuelle et d’éthique collective, en invitant des acteurs et spécialistes des questions financières à envisager, de manière à la fois concrète et radicale, les raisons du désordre et les manières d’y remédier.
Et parce qu’il faut bien se demander comment on en est arrivé là, une première table ronde intitulée “La crise comme symptôme : ses enjeux éthiques”, sera consacrée à l’analyse des causes profondes dont la crise est le symptôme. Il s’agira en somme de savoir en quel sens les dysfonctionnements observés à différents niveaux peuvent légitimement faire l’objet d’une évaluation d’ordre éthique. Dans un second temps, on s’interrogera de manière plus constructive sur les perspectives nouvelles que laissent entrevoir les développements récents, en examinant quelques propositions concrètes. Ce sera l’objet de la table ronde intitulée : “Vers une éthique de la finance ?”. Ces exercices d’éthique prospective permettront de formuler un problème plus général, celui de l’efficacité réelle, dans le monde économique, d’un souci éthique irréductible au principe de précaution ou à la gestion de l’image sociale des entreprises et des intermédiaires financiers.

 

Programme

Table ronde : « La crise comme symptôme : ses enjeux éthiques »

  • Agnès Benassy-Quéré, économiste, directrice du CEPII
  • Bernard Esambert, membre du collège de l’Autorité des marchés financiers et président de la Fédération pour la recherche sur le cerveau
  • Dominique Lamoureux, président du comité d’éthique de l’industrie aérospatiale

Table ronde : « Vers une éthique de la finance ? »

Grand témoin de la soirée : René Sève, directeur général du Centre d’analyse stratégique

Animateur : Stephan Chenderoff, administrateur de la Fondation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les journées d’études