L’école peut-elle donner l’exemple ? Éthique et éducation

Publication du colloque


Éthique et éducation. L’école peut-elle donner l’exemple ?
Une École plus éthique ? Qui s’en plaindrait…
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12 mars 2003  –  Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Paris

Que l’école ait pour mission de donner aux enfants et aux adolescents qui passent par elle une “ bonne éducation ”, c’est déjà un objet de débat. Mais le peut-elle ? A-t-elle seulement les moyens de donner l’exemple, et d’en concevoir le projet de façon cohérente ?

Il est question de l’éthique à l’école, des enjeux éthiques de la situation scolaire (injustice sociale, incivilités, violences, etc.), et même de la dimension éthique inhérente au rapport éducatif. On entend dire aussi que l’idée républicaine d’une instruction civique et morale a fait son temps. Peu importe le discrédit dans lequel est tombée la “morale” : les questions qui l’occupaient ressurgissent souvent de façon insensible dans les discours sur l’éthique et l’école. Si l’on se méfie des discours édifiants, il y va au fond toujours de la possibilité d’un apprentissage du contrôle de soi et de l’intériorisation de normes de comportement. La vraie question est plutôt de savoir sur quelles bases théoriques et pratiques se fonde le principe, assez largement partagé par les “pédagogues” et les “républicains”, d’une pacification et d’une humanisation des rapports en milieu scolaire.

Une école plus éthique ? Qui s’en plaindrait ? Mais c’est ici que les problèmes commencent. Car il n’est pas certain que l’accord sur le mot reflète un consensus concernant la finalité de l’apprentissage de l’éthique. Certains y voient un moyen d’agir indirectement sur le tissu social, d’autres une manière de favoriser le développement individuel, et ainsi de soutenir activement ce qui demeure sans doute la première vocation de l’école : instruire. Mais beaucoup jugent, plus pragmatiquement, que l’éthique est un recours efficace dans la gestion quotidienne des manquements aux règles de la communauté scolaire, autrement dit une manière de régler des conduites. Quelle différence, dès lors, entre gestion des incivilités et éducation morale ? Comment s’articulent concrètement la Loi et les règles de fonctionnement d’une institution telle que l’école ? Les moyens sont-ils bien ajustés aux fins réelles qu’on se propose ? Ne serait-il pas moins coûteux de concevoir un enseignement de l’éthique, avec ses contenus propres à définir, plutôt que de chercher à former des individus au sein d’une communauté éthique ?

Des approches concrètes, proches d’une expérience de terrain, apporteront un contrepoint indispensable à l’élaboration plus théorique de ces questions qui seront développées dans le cadre de deux tables rondes.

Programme

Ouverture de la journée d’étude par Blandine Kriegel, chargée de mission auprès du président de la République

Table ronde : Une éducation à l’éthique ?Deux axes guideront la réflexion. D’une part, on se demandera comment l’apprentissage de l’éthique dans la “démocratie scolaire” peut constituer un relais efficace de l’“éducation civique”. De quelle éthique s’agit-il, et quels en sont les principes ? D’autre part, on se demandera si l’éthique peut faire l’objet d’un enseignement. De quel enseignement s’agira-t-il alors ? Diverses possibilités seront examinées : éducation religieuse, inter-religieuse, initiation philosophique aux problématiques morales, histoire des idées et des pratiques éthiques, etc.

avec

Table ronde : L’école peut-elle donner l’exemple ?

La vie scolaire est inséparable de conduites, d’allures, de manières d’être, et aussi de pôles de référence et de modèles suscitant des aspirations ou servant de support à certains processus d’identification. Les acteurs de l’institution scolaire peuvent-ils redéfinir en commun des modèles d’action et de comportement éthiques ? Quels en seront les moyens privilégiés ?

Avec :

Clôture de la journée par Laurent Wirth, inspecteur général de l’Éducation nationale, représentant le ministre de la Jeunesse, de l’Éducation nationale et de la Recherche.

Les journées d’études