Apport de l’orientation au développement de l’élève

Par Reine-Marie Saugey

La conception nouvelle d’une «éducation à l’orientation», s’est fait jour dans les années 90, basée sur le principe que l’individu se construit lui-même et que l’école l’aide dans cette construction.
C’est une conception positive de l’individu, qui s’occupe de son développement personnel avec l’appui de l’ensemble de la communauté éducative. Par conséquent, les contenus des programmes, les compétences attendues dans chaque discipline, le type d’évaluation auquel l’élève est soumis, le regard que l’on porte sur lui, bref, tout ce qui se passe dans la classe, a à voir avec les processus d’orientation.
Toutefois, cette centration sur l’élève, qui n’est plus orienté comme naguère mais qui apprend à s’orienter lui-même, ne va pas sans poser question. Par exemple la question du soutien que l’élève trouve ou non dans son milieu familial en terme d’aspirations et que l’école peine à combler, la hiérarchisation des filières reflétant bien sûr la hiérarchie sociale.
Elle pose aussi la question de l’incertitude face à l’avenir qui est celle de nos sociétés. Comment choisir quand il n’y a plus de repères économiques sûrs et quand la valeur travail elle-même est remise en question ?
Autre aspect délicat : cette conception positive de l’être humain ignore les aspects négatifs de certaines cristallisations identitaires dans l’affirmation de soi.
Aider l’élève à prendre conscience des limites de ces cadres identitaires qui constituent «son petit monde» et l’amener plus largement à envisager à quelle place il peut aspirer pour «servir la société» relève bien de la construction morale de l’individu.