L’éthique individuelle : un nouveau défi pour l’entreprise

 

 

Publication du colloque

L’éthique individuelle. Un nouveau défit pour l’entreprise
L’éthique en entreprise n’est pas une affaire nouvelle….
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27 mars 2004  –  Science Po, Paris

« Jamais notre capacité à produire des richesses n’a été aussi grande et jamais notre incapacité à mettre cette prospérité au service du mieux-être de tous les hommes n’a été aussi flagrante. » (Jacques Généreux, “Manifeste pour l’économie humaine”, Esprit, juillet 2002). L’idée de l’entreprise éthique est née de ce paradoxe. Les avancées technologiques et l’efficacité productive accrues de ces dernières décennies nous conduisent aujourd’hui à interroger la signification pour l’homme des progrès accomplis au nom de la rationalité économique. Cette quête de sens se traduit notamment par des revendications collectives dans l’entreprise en terme de respect de l’environnement, de responsabilité sociale et de souci éthique.

Les outils récents mis à la disposition des entreprises (chartes et codes déontologiques, normes techniques, programmes de développement durable, agences de rating, labels éthiques, environnement, épargne salariale…) indiquent clairement que ces revendications sont de mieux en mieux prises en compte par la collectivité économique. Cependant, si cette première étape bien identifiée comme “l’éthique des affaires” (business ethics) est nécessaire à l’élaboration d’un souci éthique au sein de l’entreprise, les scandales juridico-financiers de ces dernières années, mais aussi la mise en évidence d’une augmentation régulière du mal-être et des pathologies du stress au travail semblent indiquer qu’elle ne suffit pas. Pour éviter que l’entreprise ne génère de manière patente ou latente toutes sortes de déviances, de conflits et de mal-être qui nuisent dans une plus ou moins large mesure aux différentes parties en jeu (salariés, clients, fournisseurs, environnement, etc.), et à l’entreprise elle-même, ne s’agit-il pas de faire en sorte que l’éthique devienne non seulement une préoccupation individuelle pour chaque acteur de l’entreprise, mais aussi un mode de régulation des relations interindividuelles et une dimension clé du management ? Peut-on concevoir l’entreprise comme un terrain d’exercice privilégié de l’éthique et un facteur de mieux-être social sans que soient reniés pour autant sa vocation de création de richesses ni le principe de la libre concurrence ?

La difficulté ici est que sensibiliser à l’éthique individuelle ne va pas de soi : en effet, il s’agirait de savoir non seulement à quelle(s) définition(s) de l’éthique et à quels principes éthiques se référer, mais aussi comment développer concrètement un souci puis un agir éthique individuel, car les valeurs éthiques ne s’imposent pas à l’individu de l’extérieur (d’où la portée très limitée des codes et chartes). Bien au contraire, pour qu’elles soient acceptées, partagées et pratiquées au sein de l’entreprise, il importe que chacun parvienne à se les approprier, en en comprenant le bien-fondé, l’intérêt et la portée. Quels seraient les conditions et les moyens d’une telle mise en oeuvre ? Ce sont ces questions que tenteront d’élucider les experts, (philosophes, ancien chef d’entreprise enseignant en organisation des entreprises et en ressources humaine, manager d’entreprise) réunis au cours de cette après-midi d’étude, dans le cadre d’une table ronde.

 

Programme

Intervenants

  • Alain Ballot, directeur de la veille stratégique, Gaz de France – Pour une conduite responsable des affaires
  • Laurent Bibard, docteur en philosophie et économie, professeur au département sciences humaines de l’ESSEC – L’éthique et la question du temps
  • Geneviève Even-Granboulan, agrégée de philosophie, docteur en philosophie, professeur émérite des universités – Quel avenir pour le « whistle blower » ?
  • Christian Ganem, ancien responsable d’entreprise, enseignant en management des organisations et ressources humaines (Léonard de Vinci, IDRAC, IAE Picardie, CNAM) – Éthique individuelle : finalités et modalités
  • Avec, pour les actes, une contribution de Marc Grassin, philosophe, docteur en pharmacie, docteur en éthique médicale et santé publique, maître de conférence à la faculté de philosophie de l’Institut catholique de Paris – L’éthique individuelle à l’épreuve de l’éthique collective. À l’horizon de la personne

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les journées d’études