Quel avenir pour le « whistle-blower » ?

par Geneviève Even-Granboulan

On dépeint souvent le monde de l’entreprise comme une jungle dans laquelle chacun privilégie la poursuite de son intérêt, tandis qu’à l’opposé le même être pourrait se révéler sensible et aimant dans le cadre de sa famille ou avec ses amis. Se comporte-t-on de la même façon dans sa vie privée et dans le cadre de ses activités professionnelles ?

1. Moralité individuelle et éthique collective
Si l’on  souligne la diversité des choix individuels, comment établir des règles communes ?
En réalité, par l’éducation et au terme d’une certaine pression sociale se dégage une certaine uniformité dans les comportements à l’intérieur de groupes sociaux plus ou moins étendus et peut-être quelques règles d’action universelles que visent les philosophes. On peut ainsi dégager plusieurs niveaux de moralité : la morale individuelle, la morale collective ou éthique, la déontologie, éthique à caractère professionnel, et la morale rationnelle définie par les philosophes. Comment faire se rejoindre et s’unifier ces différents niveaux ? Cela est-il possible, voire souhaitable ?

2. Est-il possible de dénoncer ce qui ne va pas dans l’entreprise ? : le cas du « whistle-blower »
On a  dit qu’il n’y avait pas de traduction française pour ce mot : est-ce à dire que ce type de comportement moral est inapplicable en France, en raison de pesanteurs sociologiques tenant à la spécificité de la société française et à son (absence d’)éthique ?  Le «whistle-blower» est celui qui dénonce ce qui ne va pas dans l’entreprise, non pas dans un but négatif, mais bien au contraire pour améliorer le fonctionnement de l’entreprise et cela dans une perspective éthique ; deux exemples seront évoqués, qui conduiront à souligner les difficultés éprouvées par l’individu qui tente de rester cohérent avec lui-même et d’appliquer les mêmes règles morales en toutes circonstances, qu’il s’agisse de sa vie professionnelle ou privée, en visant des normes du bien et du mal qui s’imposeraient  à tous.
Être moral exige du courage, et cela d’autant plus que le groupe auquel on appartient se situe à une certaine distance des idéaux que l’on vise sur un plan individuel. Réduire l’écart entre les deux, tel est bien le défi lancé par l’affirmation de la place de l’éthique dans l’entreprise.