La mystique, une éthique paradoxale ?

Publication du colloque

La Mystique, une éthique paradoxale ?
Le paradoxe a souvent été relevé : dans le mysticisme tout nous rapproche du souci éthique, et tout nous en sépare….
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5 octobre 2001  –  Fondation de la Maison des sciences de l’homme, Paris

S’interroger sur le rapport de la mystique et de l’éthique, c’est d’abord identifier les discours et les pratiques éthiques qui accompagnent le phénomène mystique. Or le paradoxe a souvent été relevé : dans le mysticisme tout nous rapproche du souci éthique, et tout nous en sépare. La vie mystique, les thèmes du retrait et de la rupture, de la transcendance et de l’intériorité radicale, peuvent sembler inconciliables avec les dimensions multiples du lien social et de la relation éthique. Lorsque l’ascèse, l’extase et la dépossession de soi se conjuguent avec la transgression des normes morales, la mystique n’est pas loin d’un véritable nihilisme éthique. Et cependant elle rejoint par d’autres aspects les racines mêmes de toute vie éthique : l’approfondissement de l’existence vers son principe, la recherche de l’union et de la communion, l’ouverture à l’Autre, la puissance d’action et de création libérées par le sentiment mystique, s’affirment alors comme des ressources essentielles de l’agir moral. De fait, chez nombre de mystiques, des vertus telles que l’abnégation, la loyauté, l’altruisme, trouvent leur expression la plus radicale et peut-être leur modèle. “Morale ouverte” ou éthique impraticable ? Cette journée d’étude s’est proposée d’envisager le problème selon deux axes complémentaires. Tout d’abord, après une introduction générale sur l’expérience mystique, la présentation, dans leur rapport radical à l’éthique, de deux figures mystiques singulières issues de traditions religieuses différentes. Le regard porté par la psychanalyse a permis de nourrir le débat, autour des paradoxes de l’éthique radicale prônée par la mystique. Ensuite, une exploration des modalités du lien entre l’expérience éthique et l’expérience mystique : on a envisagé la mystique comme fondement de l’éthique, mais aussi l’éthique comme médiation et peut-être comme accomplissement et apogée de la mystique. Enfin, un débat général a été l’occasion de se demander dans quelle mesure la référence mystique, dans ses dimensions de connaissance et d’expérience, est encore susceptible d’éclairer de façon concrète le travail par lequel l’homme cherche à réaliser sa liberté en se construisant lui-même.

Programme

Table ronde « Le mysticisme comme éthique radicale »

animée par Patrick Landman, psychanalyste

  • Michel Fromaget, anthropologue, Caen - Mystique et évolution de l’espèce humaine. Quelques aspects éthiques de la question
  • Eric Geoffroy, islamologue, Strasbourg – Un représentant authentique de la malâma (la voie du blâme) : le cheikh marocain ‘Alî Ibn Maymûn al-Fâsî (m.1511)
  • Monique Broc-Lapeyre, philosophe, Grenoble II – Intransigeance éthique et mystique de compassion chez Simone Weil
  • Laurence Croix, psychanalyste, Paris X – L’au-delà du féminin

Table ronde « Éthique et mystique : un lien à double sens »

animée par Jean-Claude Aguerre, psychanalyste

  • Alain Cugno, philosophe, Lakanal – La mystique au fondement de l’éthique
  • Laurent Lavaud, philosophe, Paris I - Le désir de l’illimité, médiateur entre éthique et mystique dans la philosophie de Plotin
  • Catherine Chalier, philosophe, Paris X – “ La langue véridique ” de R. Yehouda Arié Lieb de Gour (1847-1905)
  • Carl Albert Keller, théologien et historien des religions, Lausanne – L’enseignement éthique d’un mystique : Ostad Elahi (1895-1974)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les journées d’études