Enseignement de l’éthique et prévention

par Didier Jourdan

Résumé

La santé publique, comme politique et comme champ de pratique, tient une place importante dans la vie sociale. Elle trouve son expression dans un large éventail d’interventions qui se réfèrent à la surveillance de l’état de santé de la population, à l’organisation des services de santé, à la sécurité sanitaire, à la prévention ou à la promotion de la santé.

Ces interventions de santé publique ne sont pas neutres, elles posent de sérieux problèmes éthiques. Qu’il s’agisse de la gestion des crises sanitaires, du statut des données personnelles collectées sur les personnes ou bien des pratiques de dépistage à but préventif, les débats de ces dernières années les ont mis en lumière. Sur quoi fonder la légitimité de telle ou telle politique de santé publique qui limite la liberté des individus à disposer d’eux-mêmes ? Qu’est ce qui la motive ? A quelle vision du rôle des pouvoirs publics cette intervention se réfère-t-elle ? Qui décide de ce qui doit être promu ou proscrit ? etc. Le caractère crucial de ces questions est renforcé par le fait qu’il s’agit d’intervenir sur la santé, non pas seulement dans un cadre curatif (en réponse à une demande de soin) ou en contexte épidémique (crise sanitaire), mais dans un cadre préventif (avant qu’une maladie ne se soit déclarée et sans que la personne ne l’ait demandé). Donner les moyens à tous les acteurs de porter un jugement éthique sur les politiques et les pratiques de prévention est ainsi un enjeu central.