Conférence exceptionnelle

A l’occasion de son passage à Paris, la chaire de développement durable de Sciences Po et la Fondation Ostad Elahi sont heureux de vous inviter à une conférence de

Alain Létourneau

Faculté de théologie, d’éthique et de philosophie, Université de Sherbrooke (Canada)

Gouvernance et développement durable : des enjeux

éthiques sous-jacents

Mercredi 4 mars 2009, de 17h00 à 19h00

à Sciences Po – salle 11 – 27, rue Saint Guillaume – 75007 Paris

(M° Saint-Germain-des-Prés ou rue du Bac)

Selon le pragmatisme philosophique, un concept ou une théorie est là d’abord pour pouvoir faire des choses, son sens est éminemment pratique, d’où la nécessité d’en interroger les conséquences. Le « développement durable » et la « gouvernance » sont deux « construits » auxquels nous faisons appel en de multiples lieux pour discuter, mais aussi dans le but de régler en société des problèmes environnementaux. Ils se retrouvent souvent utilisés ensemble : ils ont en commun une complexité et une fluidité sémantique qui laisse ouverts certains enjeux cruciaux. Ils mobilisent ainsi des discussions et des échanges dans des processus rhétoriques constamment repris, le mot « rhétorique » ne prenant pas ici une signification nécessairement péjorative. Nous ne déciderons pas de la question de savoir s’il faut chercher à s’entendre sur des appellations et des définitions au sens plus restreint, ou bien si nous devons accepter cette situation de flottement. En tout cas cette double fluctuation, de l’un et l’autre concept, a aussi d’importantes conséquences pratiques.

La gouvernance permet aujourd’hui bon nombre de discours et de pratiques; nous en donnerons pour exemple le chantier de l’eau depuis une quinzaine d’années au Québec, autour de la Gestion intégrée de l’eau par bassin versants, approche qui responsabilise les milieux tout en différant certains débats. Par hypothèse, la situation est très semblable dans l’usage du développement durable. Nous pourrons rappeler brièvement la pluralité qui est concernée de facto par ce vocable à caractère normatif. Du moins dans la presse québécoise échantillonnée entre 2000 et 2005, certains aspects essentiels de la notion sont de fait occultés dans le débat public. Dans l’exemple du projet Rabaska, le recours au développement durable semble d’ailleurs avoir eu le primat sur l’appel à la gouvernance, avec pour conséquence une décision d’autorisation.