Jacques Munier

Chacun de nous a pu faire l’expérience, en lecteur, de la portée philosophique ou morale de certaines œuvres littéraires. Lorsque nous portons un intérêt passionné aux personnages de roman, à leur vie et aux situations dans lesquelles ils se trouvent engagés, c’est souvent parce que nous y trouvons un répertoire de réponses éthiques à des questions qui nous sont propres. C’est ainsi que la littérature peut nous changer.

Les auteurs choisis par les participants à cette journée illustrent parfaitement cette ressource discrète mais puissante. Rumi et la conversion à l’amour mystique, Dante et sa lecture initiatique de l’enfer, Montaigne et son introspection solitaire animée de la conviction que « chaque homme porte la forme entière de l’humaine condition », Rabindranath Tagore et son humanisme universaliste, Hermann Hesse et sa conception de l’éveil, dans des registres différents, ces écrivains ouvrent devant nous ce que Martin Buber appelait « Le chemin de l‘homme » : « Commencer par soi, mais non finir par soi ; se prendre pour point de départ mais non pour but ; se connaître mais non se préoccuper de soi. »

Études supérieures de philosophie. Producteur à France Culture (Les chemins de la connaissance et aujourd’hui À plus d’un titre) et traducteur (notamment Le Christ de Vélasquez de Miguel de Unamuno aux éditions de La Différence).