Les sportifs, nouveaux enseignants de l’éthique du sport

L’éthique du sport dépend désormais démocratiquement (Callède, 1998 ; Eichberg  2010) de ses agents pour exister sur les terrains de sport mais aussi dans les différents comités d’éthiques des fédérations et institutions. L’agentivité des acteurs (Scott, J., 1977) et actrices du sport, par leur engagement corporel (Soulé, Corneloup 2007), s’oppose à une conception passive de l’éthique qui consisterait à attendre l’application de règlements et de sanctions pour bien agir. Par leurs actes, les sportifs(ves)(Andrieu, 2011) peuvent manifester des valeurs éthiques alternatives à travers de nouvelles pratiques en s’adossant à une « conscience corporelle » (Vigarello, 1985, 320) qu’aucune institution ne pourra (leur) imposer. Tel est l’enjeu des engagements, manifestations et autres innovations techniques et éthiques. Par leurs actes, les sportifs(ves) interrogent les normes, critiquent les normalités, et participent à l’émergence de la normativité éthique contre la normalisation morale des comportements. En incarnant de valeurs inédites, leur indépendance surgit en agissant de manière autonome dans le monde du sport et en renouvelant le sens à donner à l’action.