Se connaître soi-même, pourquoi ? comment ?

Avec des contributions de Pierre Guénancia, Elsa Godart, Marie-France Hirigoyen, Jean Mesnard, Pierre-Marie Morel, Christiane Rancé, Jérôme Sackur.

L’Harmattan – 2013

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Face à la multiplication des savoirs qui prennent désormais pour objet l’individu et son rapport à soi – de la sociologie à la psychanalyse en passant par les sciences cognitives, la philosophie ou la spiritualité –, il est devenu difficile de savoir de quoi il est réellement question quand on parle de « connaissance de soi ». L’exhortation socratique du « Connais-toi toi-même ! » n’a en effet pas manqué de prendre de multiples significations selon les périodes et les penseurs qui s’en sont emparée : rien à connaître selon les uns, puisque « je » change constamment et qu’ainsi, seule notre ignorance peut, à la rigueur, être dévoilée ; pour d’autres, l’objet de cette connaissance est ce qui constitue notre humanité avec les passions qui l’altèrent ou les vertus qui l’élèvent, la connaissance de soi est connaissance de notre âme ou plus profondément encore de Dieu en soi ; pour d’autres encore, se connaître, c’est connaître le monde qui nous apprend nos propres limites, c’est connaître les autres qui deviennent les miroirs de nous-mêmes.

Or, cette quête fondamentale semble indissociable de la quête de sens qui habite l’être humain, quelle que soit sa culture. Dans un monde en changements constants où l’esprit humain est sans cesse sollicité par ce qui se passe « à l’extérieur », où la connaissance tend à être supplantée par la communication, quelle(s) signification(s) peut prendre la connaissance de soi ? Comment concilier le vivre-au-monde avec cette quête intérieure ? C’est cette question que l’édition 2012 de la Journée de la solidarité humaine se proposait de clarifier.

En se plaçant au carrefour des savoirs et des disciplines, il s’agissait, dans un premier temps, d’essayer de préciser l’objet, ou le sujet du questionnement : qu’est-ce que « se connaître » ? Que s’agit-il de connaître en soi ou de soi ? Y a-t-il une réalité à laquelle « soi » se réfère ? Et tout aussi fondamentalement, pourquoi, en fait, vouloir se connaître ?

Puis, dans un second temps, de s’intéresser aux moyens susceptibles de permettre ou favoriser la connaissance de soi. Les disciplines, philosophiques, spirituelles, psychologiques, ont souvent divergé sur les modalités de cette connaissance et les méthodes qui permettent d’y parvenir : approches plus ou moins théoriques ou pratiques, dans la solitude de soi avec soi ou dans la relation avec autrui, dans l’interaction avec la société, par référence à une transcendance ou pas, la méditation, la rationalité ou l’extase mystique… est-il possible de dégager de ce foisonnement les lignes de force et, surtout, des approches qui permettraient à chacun, aujourd’hui et maintenant, de s’engager à son tour dans cette aventure qu’est la connaissance de soi ?

 

Sommaire

Socrate : La connaissance de soi
par Jean Mesnard

Soi-même et tous les autres
par Pierre Guénancia

La Connaissance de soi, un enjeu de société
par Marie-France Hirigoyen

Penser mon essence d’homme
par Christiane Rancé

Débats

Les Dangers de la connaissance de soi
Critique épicurienne d’une illusion
par Pierre-Marie Morel

Comment parvenir à la connaissance de soi ?
par Elsa Godart

Introspection et métacognition.
Vers une analyse cognitive de la connaissance de soi
par Jérôme Sackur

Débats

Biographies

 

Ouvrages de la collection

Pourquoi croire encore en l’homme

Quelle sagesse pour notre temps ?

Se connaître soi-même, pourquoi ? comment ?

Spirituel et rationnel – les alliances paradoxales

Comment la littérature change l’homme : Rumi, Dante, Montaigne, Tagore, Hesse, Camus, Soljenitsyne

L’invention de la tolérance : Averroès, Maïmonide, Las Casas, Voltaire, Lincoln

De l’esprit à l’éthique, les constructions de l’humain

L’Universel (au) féminin

Comment devient-on universel ? Tome 2

Comment devient-on universel ? Tome 1

Quelle éthique après le 11 septembre ?