2022 - Regards croisés sur la musique d'Ostad Elahi - Fondation Ostad ElahiFondation Ostad Elahi

2022 – Regards croisés sur la musique d’Ostad Elahi

Sous l'égide de

www.asmp.fr/sommaire.htm

En partenariat avec

   

24 septembre 2022, 15h-17h30
Fondation Simone et Cino del Duca – Institut de France
10, rue Alfred-de-Vigny, 75008 Paris

 

Programme

  • Discours d’accueil 
  • Vidéo : biographie musicale d’Ostad Elahi
  • Extraits d’interviews filmées de : 
    • Maurice Béjart, chorégraphe
    • Jean During, ethnomusicologue, directeur de recherche émérite au CNRS
    • Christian Girardin, Directeur du label Harmonia Mundi
    • Jean-Luc Marre, Directeur du développement du catalogue de Pias
    • Yehudi Menuhin, violoniste, chef d’orchestre
    • Tedi Papavrami, violoniste


Argument

Depuis le 20e siècle, de nombreux styles de musiques extra européennes ont attiré l’attention des musiciens et mélomanes occidentaux. Dans ce registre, la musique d’Ostad Elahi (1895-1974), maître du luth persan tanbur, constitue un objet d’exploration particulièrement riche lié autant à ses qualités spécifiques qu’à la personnalité de son créateur. Transformant radicalement l’instrument lui-même aussi bien que son répertoire et sa technique de jeu, Ostad Elahi a élevé une tradition musicale ancienne, dévotionnelle et quelque peu rudimentaire au rang d’un art savant1. Il a profondément marqué les artistes, musicologues et musiciens qui l’ont rencontré, parmi lesquels Yehudi Menuhin (1921-1999)2. Le Metropolitan Museum of Art de New-York le désigne comme l’un des musiciens les plus influents du 20e siècle3 ; une exposition de plusieurs mois lui a été consacrée en 2014/20154 et depuis 2020 une vitrine lui est dédiée au sein du département des instruments de musique. Le musée de la Musique de la Philharmonie de Paris expose également l’un de ses instruments dans sa collection permanente. 

Ostad Elahi considérait la musique comme un moyen de communication spirituelle et, pour cette raison, il n’a jamais joué que dans un cadre privé, en dépit de multiples sollicitations pour se produire en public. Une quarantaine d’heures d’enregistrements amateurs qui nous sont parvenus ont été numérisés et, depuis 1995, sont progressivement publiés (15 CD et un livret CD à ce jour) par Le Chant du Monde/Harmonia Mundi. 

La réception plurielle de sa musique constitue le thème de ce colloque dans lequel des musiciens non spécialistes du tanbur sont invités à témoigner et à confronter leurs vues à travers les questions qui leur seront posées par Françoise Degeorges, productrice sur France Musique. Quelles furent leurs impressions en découvrant cette musique ? Comment la perçoivent-ils ou la ressentent-ils ? Quelles analyses peuvent-ils en faire ? Quelles sont les résonances avec des styles ou des techniques instrumentales qui leur sont plus familiers ? Des éléments biographiques, des illustrations musicales et des interviews viendront ponctuer ce colloque consacré à l’art d’un musicien dont Maurice Béjart (1927-2007) a écrit dans ses Mémoires, qu’il était « le plus grand que j’aie jamais rencontré »5.

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[1] Voir Jean During, L’âme des sons, l’art unique d’Ostad Elahi, Éditions du Relié, 2012.
[2] « Ce merveilleux musicien a pu garder une tension et une concentration que je n’aurais jamais pu imaginer sortir de l’intervalle restreint d’une quarte ou d’une quinte… Pouvoir maintenir cet intérêt musical dans le cadre d’un intervalle si restreint me paraissait une chose extraordinaire. Je n’avais jamais entendu cela ; (…) Je ne pouvais presque pas en croire mes oreilles… ». 
[3] Vitrine des Musiciens célèbres du 20e siècle, galerie 684 du Metropolitan Museum of Art de New-York.
[4] https://www.metmuseum.org/exhibitions/listings/2014/sacred-lute
[5] Maurice Béjart, La vie de qui ? Mémoires 2, Paris, Flammarion, 1996, p. 112.

 

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