Éthique individuelle : finalités et modalités

par Christian Ganem

Résumé

Dans une entreprise, les raisons d’un agir éthique individuel relèvent à priori de choix personnels semblables aux lignes de conduite que chacun se fixe dans la vie de tous les jours. C’est pourquoi,  en franchissant le seuil, fut-il immatériel, de mon univers professionnel, en matière d’éthique, pour plagier Montesquieu, je ne considère pas qu’il y ait « vérité au-delà » et « erreur en deçà ».

Il semble, pourtant, que l’éthique individuelle fasse désormais partie des interrogations collectives, ce qui semble signifier qu’il est de moins en moins envisageable d’en laisser la pratique à la seule appréciation discrète des acteurs de l’entreprise.

Deux séries de questions, dont je donnerai des exemples, se posent alors : celles des finalités de cet agir éthique individuel et celles des modalités de sa mise en œuvre.

Je tenterai d’y répondre en adoptant deux points de vue qui sont en même temps distincts et reliés :

  • celui du manager que je fus et qui s’est trouvé confronté à ces interrogations à l’occasion de recrutements, de formations, de mesures disciplinaires, de négociations commerciales, de processus de changements, etc.
  • celui des fonctions, métiers, territoires que j’ai eu l’occasion de rencontrer, pratiquer ou occuper au cours de trente années d’expérience.

J’essayerai à la fois de montrer en quoi l’agir éthique individuel est à mon sens l’attitude la plus pertinente dans le contexte professionnel actuel, et d’indiquer les risques de détournement et d’effets pervers des comportements éthiques individuels en entreprise, en m’appuyant sur deux exemples bien connus que sont la démarche qualité et l’approche logistique.