Les défis internationaux de la recherche en bioéthique

par Michele Stanton-Jean

Résumé

Au cours des dernières décennies les avancées des technologies de l’information et de la communication  ont fait en sorte que la planète est devenue un grand village. Durant la même période, les avancées scientifiques en nanosciences, en génétique et en génomique ont soulevé des questions éthiques qui, sans être complètement nouvelles, interrogent avec encore plus de force les sciences de la vie, les sciences naturelles et les sciences humaines en matière d’enseignement et de recherche en éthique. La combinaison de ces deux facteurs, communications planétaires  et avancées scientifiques, a entrainé un rapprochement facile entre les chercheurs du monde entier qui très souvent travaillent à plusieurs sur le même projet. Ces chercheurs proviennent de pays où les enseignements en éthique, les politiques qui gouvernent l’éthique et les obligations qu’elles imposent aux chercheurs peuvent varier considérablement, compliquant de ce fait les échéanciers d’approbation des projets, leur suivi et leur évaluation.

Les questions éthiques se sont complexifiées en ce qui a trait, entre autres,  à l’autonomie, à la solidarité, à la vie privée, au consentement. Dans ce contexte plusieurs organisations internationales se sont dotées de lignes directrices et de politiques visant à inciter leurs états membres à adopter des législations ayant certaines caractéristiques communes afin d’éviter les dérives et le déplacement des fonds de recherche et des chercheurs vers des pays n’ayant pas d’encadrement éthique. Ces instruments souvent qualifiés d’internationaux ou d’universels jouent-ils vraiment le rôle souhaité par les organisations internationales qui les ont produits ? Quelles sont les conditions nécessaires à leurs mises en œuvre et à leur utilisation efficaces dans le champ d’application multiculturel et multidisciplinaire où, en principe, ils doivent s’appliquer ?