Éthiques et organisations

Dans la recherche en sciences de gestion, et ce pendant des décennies, le caractère axiologiquement neutre des organisations ne semble guère avoir été contrarié. Mais depuis quelques temps, une réflexion proprement consacrée aux questions d’éthique semble avoir enfin trouvé une sorte de reconnaissance au sein d’un univers où c’est plutôt comme science, comme technique ou encore comme pratique que le management a le plus été étudié (2012). Emboîtant le pas de la recherche, un rapport intitulé Repenser la formation des managers, réalisé par la FNEGE (Fondation Nationale pour l’Enseignement de la Gestion des Entreprises), le Cercle de l’entreprise et du management et l’Institut de l’entreprise, établissait récemment que l’enseignement de l’éthique était devenu une nécessité pour la gestion, s’opposant de manière définitive aux plans de celles et ceux qui considéraient, selon l’expression consacrée, que « the business of business is business ».
Considéré sous l’angle strictement technique en effet, le management paraît n’avoir d’autres fins que lui-même. Mais à le définir comme « une force vulnérable soumise à la pression du chiffre, et dotée d’un triple pouvoir de contrainte, d’imitation et d’imagination s’exerçant aux niveaux subjectif, interpersonnel, institutionnel et environnemental » (2016), on ouvre alors un espace de discussion où, face aux savoirs objectifs de la gestion, se dressent les questions de sens et de responsabilité lesquelles sont par définition non-immédiatement mesurables. Cette présentation essaiera de préciser les termes de cette confrontation.