Qui est Ostad Elahi

Philosophe, théologien et musicien, Ostad Elahi est né le 11 septembre 1895 à Jeyhunâbâd, un village de l’ouest de l’Iran, au sein d’une famille de notables. Son père Hadj Nemat (1871-1920) était un écrivain et un poète mystique, auteur de plusieurs ouvrages dont Le livre des Rois de Vérité, publié par Henry Corbin qui le qualifiait de « toute une bible ».

Sous la direction attentive de son père, Ostad Elahi pratique dès l’enfance l’ascèse et la discipline spirituelle et mène une vie retirée du monde. Tout en recevant une formation générale classique, il bénéficie d’un enseignement religieux et moral qui constitue la base de son éducation et c’est au cours de sa jeunesse entièrement consacrée à l’étude et à la contemplation qu’il élaborera les prémices de sa réflexion philosophique et spirituelle. A l’âge de vingt-quatre ans, rompant avec la tradition de son milieu d’origine qui le destinait à une vie contemplative, il quitte sa retraite et quelque temps plus tard s’installe à Téhéran, entre au bureau de l’état civil et s’inscrit au cours de magistrature. Il expliquera ce changement radical de mode de vie par la nécessité d’enrichir sa pensée et d’éprouver son éthique en les confrontant aux contraintes de la vie en société. En 1933, il passe avec succès l’examen final de l’École nationale de la magistrature. Très vite, ses compétences et son équité le distinguent; les postes les plus sensibles lui sont confiés et pendant près de trente ans, il exercera ses fonctions au sein de juridictions de différentes provinces, tantôt au parquet comme procureur général, tantôt au siège en tant que juge d’instruction, puis en tant que conseiller et président de cour d’appel.

Parallèlement à ses activités de magistrat, Ostad Elahi consacra beaucoup de temps à l’étude et à la recherche, particulièrement dans les domaines de la philosophie et de la théologie; si l’on en connaît peu sur l’évolution de sa pensée pendant toutes ces années, on sait en revanche que celles-ci furent extrêmement fécondes en expériences de nature diverse qui nourrirent son investigation et lui permirent d’édifier son oeuvre future. La musique, qu’il a pratiquée dès l’enfance, a tenu également une place importante dans sa vie; reconnu par les spécialistes comme un maître incomparable du luth tanbur, il en étendit considérablement le répertoire par ses nombreuses compositions.

Après avoir pris sa retraite, il rédigea ses deux principales œuvres, ouvrages savants qui font autorité dans les domaines des sciences religieuses et de la spiritualité authentique, ainsi qu’un commentaire de l’œuvre de son père. L’aspect pragmatique de la réflexion d’Ostad Elahi, peu abordé dans son œuvre écrite, fut l’objet d’un enseignement qu’il dispensa jusqu’à la fin de sa vie en 1974. Les notes qui furent prises de ses paroles ont fait l’objet de plusieurs publications. Son œuvre, peu à peu traduite, révèle une profonde connaissance de l’homme, une grande érudition mise au service d’une pensée novatrice ainsi qu’un souci constant d’intelligibilité.

Pour en savoir plus : http://www.ostadelahi.com

Quelques témoignages

André Chouraqui, essayiste, traducteur de la Bible et du Coran
« Arracher l’homme aux ténèbres du quotidien pour l’élever à la lumière divine, essentiellement, c’est cela qu’Ostad Elahi donne au monde […]. Puisse son message se répandre, et donner à nous tous, en France et ailleurs à travers le monde, le courage de réaliser l’utopie de l’amour, […] l’amour régénérateur de l’homme. »

Peter Chelkowski, professeur à New York University
« Ostad Elahi est un citoyen du monde par excellence, il est l’un des bâtisseurs du village planétaire. Il peut être considéré comme le pont entre le vingtième et le vingt et unième siècle. »

Jorge Werthein, directeur du bureau de l’UNESCO à New York
« La culture de la paix est un bon résumé de l’œuvre d’Ostad Elahi, comme elle résume bien également la vision que lui et l’UNESCO partagent d’un monde meilleur. Ensemble, à travers notre cause commune et nos efforts conjugués, à travers notre unité spirituelle, nous pouvons faire de cette vision une réalité. »

Michèle Gendreau-Massaloux, recteur de l’Académie et chancelier des universités de Paris
« Le plus bel hommage que l’on peut rendre à l’idée qui animait Ostad Elahi, n’est-ce pas d’envisager un projet fidèle à son inspiration ? La spiritualité pourrait ainsi faire l’objet d’une recherche interdisciplinaire […]. »

Lord Yehudi Menuhin, violoniste
« Ce merveilleux musicien a pu garder une tension et une concentration que je n’aurais jamais pu imaginer sortir de l’intervalle restreint d’une quarte ou d’une quinte. Pouvoir tenir cet intérêt musical dans le cadre d’un intervalle si restreint me paraissait une chose extraordinaire. Je n’avais jamais entendu cela. C’est la plus grande impression que j’ai eue de ce genre […]. C’était une musique très sensible, très intense, mais aussi très précise et très pure : je ne pouvais presque pas en croire mes oreilles […], c’était d’une puissance raffinée comme une espèce de laser. »

Maurice Béjart, chorégraphe, académicien
« Maître Elahi était un musicien extraordinaire. Il a joué de sa musique et je ne peux pas dire avec des mots ce que j’ai vécu et ressenti. Cela a été un très grand changement dans ma vie, dans mon existence et dans ma pensée… Le plus grand musicien que j’aie jamais rencontré de ma vie. »

Pierre Drai, Président de la Cour de cassation
« D’une modeste justice de paix, aux fonctions plus prestigieuses de président de cour d’appel, […] Ostad Elahi a pu éprouver son éthique en la confrontant aux contraintes de la société, et cela, au sein d’une profession dont il disait lui-même qu’elle est l’une des tâches les plus nobles, mais aussi les plus périlleuses. Si Ostad Elahi était aujourd’hui parmi nous, il constaterait que ses réflexions sur la profession de juge sont plus que jamais actuelles. »

 

Le Métropolitan Museum de New-York met à l’honneur la musique d’Ostad Elahi

affiche MET
Du 5 août 2014 au 11 janvier 2015 s’est tenue au Metropolitan Museum de New-York, une exposition sur la musique d’Ostad Elahi qui a accueilli près de 100 000 visiteurs.

Un article du New-York Times résume toute l’originalité de la démarche musicale d’Ostad Elahi.

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L’Académie des Sciences morales et politiques met à l’honneur deux ouvrages sur Ostad Elahi

Soudabeh Marin a reçu le prix Bordin pour les deux volumes d’histoire et de philosophie du droit consacrés à Ostad Elahi. Décerné par la section « Législation, droit public, jurisprudence » de l’Académie des Sciences morales et politiques, ce prix récompense tous les dix ans dans le domaine du droit un auteur d’ouvrage portant sur des sujets touchant à l’intérêt public, au bien de l’humanité, au progrès de la science et à l’honneur national. La cérémonie officielle, présidée par M. Xavier Darcos, Secrétaire perpétuel de l’Académie, s’est tenue sous la coupole de l’Institut le 18 novembre 2013.

 (c) Photo ASMP – Brigitte Eymann
    

Résultat de plusieurs années de recherches ayant abouti à une thèse de doctorat, ces deux ouvrages sont consacrés à la carrière judiciaire d’Ostad Elahi et à sa pensée philosophique. Le premier volume, Ostad Elahi et la tradition, s’attache plus particulièrement à la généalogie, à la biographie et à la philosophie du droit d’Ostad Elahi. Il met en évidence la singularité de son parcours, de la vie contemplative et ascétique de sa jeunesse à l’engagement dans une société en pleine modernisation de ses institutions, et son anthropologie spirituelle, minutieusement éprouvée et actualisée, avec ses déclinaisons dans plusieurs champs dont ceux de la philosophie du droit, de la métaphysique et de la psychologie.

Le second volume, Ostad Elahi et la modernité, rend compte de la carrière professionnelle d’Ostad Elahi au sein du Ministère de la Justice en Iran et son appréhension du jugement moderne dans le cadre d’une justice d’État nouvellement conçue sur le modèle français. Des questions relatives à la conscience du juge, à l’équité, à l’intime conviction mais également à la spiritualité de l’acte judiciaire sont examinées à la lumière des témoignages que le magistrat philosophe a laissé et à travers lesquels transparaissent une véritable éthique spirituelle de la pratique judiciaire.

L’auteur : Soudabeh Marin est enseignante et chercheur à l’université de Paris Ouest Nanterre la Défense et a été chargée de cours à Sciences Po Paris. Elle est docteur en Histoire du droit et des institutions et titulaire d’un PhD de l’université d’Exeter (Royaume-Uni).

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