Unicité de Dieu, unicité du genre humain

par Pierre Magnard

Résumé

Une sagesse pour notre temps doit se nourrir d’un héritage chrétien, dont elle a la responsabilité en un double sens, puisqu’elle y puise son inspiration et qu’elle a mission d’en sauvegarder le télos contre toute tentation intégriste ou identitaire. C’est-à-dire que la sagesse n’a d’autre âme que la religion, mais qu’en revanche la religion trouve dans la tradition sapientielle l’horizon de sa rencontre avec une humanité en quête d’unité. Il n’est pas indifférent que Paul de Tarse, l’apôtre des Gentils, ait trouvé dans l’universalisme ambiant, né d’Aristote et surtout de Cicéron, une disposition à chercher dans le Dieu unique le gage de l’unicité du genre humain. Il fallait que le communis humanitas, prôné par l’orateur romain, l’emportât sur l’esprit de clocher du paganisme antique, pour que le souci de l’universalité exigeât l’unicité divine. Qu’en est-il aujourd’hui de cette expression de la religion et de la sagesse ? Le retour du religieux, dont on nous a parlé, trouvera-t-il dans cette compréhension réciproque les conditions d’une sainte et heureuse émergence ?

Intervention de Pierre Magnard au cours de la Journée de la solidarité humaine 2011 : Quelle sagesse pour notre temps ? (voir la vidéo)