Mort à la mort ? » D’accord, mais de mort lente… Enjeux éthiques et religieux de la mort et de la finitude

Par Ghislain Waterlot

Aujourd’hui, nous chantons volontiers les louanges d’un être humain augmenté, capable à terme de surmonter la mort. Le transhumanisme ouvrirait la perspective de l’immortalité, accomplissant les espérances portées par la plupart des religions : le rêve deviendrait réalité. Mais les trois monothéismes n’ont jamais invité les croyants à penser qu’au-delà des apparences ils sont immortels. Ces monothéismes sont plutôt porteurs de la promesse qu’au-delà de la mort, une fois la mort réellement traversée, il y a l’ouverture d’une vie éternelle, ici-bas seulement pressentie. Dans le christianisme en particulier, le passage se fait par la « résurrection ». Mais du coup la mort n’a pas du tout la signification qu’elle a pour les transhumanistes et beaucoup de nos contemporains. Loin d’être un obstacle et une malédiction à lever, la mort serait-ce à travers quoi et par quoi l’existence humaine prend sa signification la plus profonde. D’ailleurs, une vie humaine immortelle serait-elle véritablement désirable ? Que se passerait-il si nous étions vraiment libérés de notre finitude ? Que serait une vie sans bornes et n’ayant plus de limite ? Qu’est-ce que les bornes et les limites nous apportent et qu’elles sont seules à pouvoir apporter ? Nous voudrions, par cette conférence, réfléchir à ce qu’il y a d’essentiel et de positif pour la vie humaine, dans la finitude et la mort.