2007 – L’invention de la tolérance

 Maïmonide, Averroès, Las Casas, Voltaire, Lincoln

 

Sous le Haut Patronage de

M. Christian Poncelet, Président du Sénat

M. Terry Davis, Secrétaire général du Conseil de l’Europe

Publication

L’invention de la tolérance : Averroès, Maïmonide, Las Casas, Voltaire, Lincoln

Ed. L’Harmattan, Coll. Journées de la Solidarité Humaine, 2008

8 septembre 2007, Palais du Luxembourg, Paris

Qu’on puisse trouver, à toute époque, les marques d’une disposition éthique à accueillir l’autre dans son irréductible différence, n’empêche pas que la tolérance ait une histoire. Cette histoire est inséparable des vicissitudes de la réflexion sur le fait même de la diversité humaine. Sans doute, la tolérance est une invention moderne. On s’accorde à la dater du temps des guerres de religion qui déchirèrent l’Europe au XVIe siècle : l’Édit de Nantes, qui y met fin, marque pour la première fois la reconnaissance publique et politique de la nécessité d’un modus vivendi désigné par le mot de « tolérance ». Mais l’idée déborde le mot, qui ne s’impose que tardivement dans le sens positif, synonyme de respect et de reconnaissance mutuelle, que nous lui donnons aujourd’hui. Et il est probable que la tolérance fut pratiquée de diverses manières avant d’avoir été explicitement pensée et formulée à l’aube de l’Europe moderne.

On s’interroge aujourd’hui sur le modèle de société proposé par l’Andalousie médiévale, on évoque une expérience de l’altérité externe liée à la découverte des Amériques, expérience peut-être aussi importante que celle de l’altérité interne illustrée par les schismes religieux. L’idée de tolérance, dans ses fondements éthiques et philosophiques, était déjà portée par des penseurs comme Averroès ou Maïmonide. Plus près de nous, l’affaire Calas ou l’abolition de l’esclavage par Abraham Lincoln sont des exemples à méditer. S’y joue à chaque fois la question des limites du tolérable et de l’intolérable. A l’heure où nos sociétés démocratiques doivent relever les défis du multiculturalisme et des diverses formes de fondamentalisme religieux, il devient urgent de se retourner sur quelques figures-clés de cette histoire au long cours de la tolérance, afin de mieux approfondir les conditions d’un « vivre ensemble » qui fasse droit à l’esprit pluraliste en surmontant la tentation de l’indifférence.

Car pour que la tolérance ne se réduise pas à un simple principe de précaution, pour qu’elle devienne un principe actif et qu’elle déploie ses effets, il lui faut s’incarner dans des situations et dans des individus. L’histoire de la notion, les événements qui en scandent l’histoire, ne doivent pas faire oublier l’engagement parfois tragique d’hommes et de femmes qui, par fidélité à une idée, ont cru bon de lutter contre l’inertie ou l’anesthésie morale de leur époque. Derrière l’affaire Calas, il y a le plaidoyer vibrant de Voltaire. Dans des contextes différents, Bartholomé de Las Casas ou Abraham Lincoln se sont insurgés contre la barbarie de leur temps. Sans oublier tous les travailleurs de l’ombre, tous les « soldats inconnus» de la tolérance, dont l’exemple suffit à raviver, à l’échelle locale, les problèmes fondamentaux : quels sont les ressorts éthiques de la tolérance ? Comment développer, concrètement, le désir et la disposition à agir pour cette cause ? Comment discerner, au temps présent, les lieux sensibles où se formulent les nouveaux enjeux de la tolérance ?

Au-delà de l’hommage rendu au courage de quelques grandes figures de l’histoire de la tolérance, cette sixième journée de la solidarité humaine a voulu contribuer à donner à ces questions toute leur actualité.

Programme

La journée a été animée par Patrice Maniglier, docteur et agrégé de philosophie

Matinée

Après-midi

 

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